UN PRÊTRE BRÛLÉ VIF POUR LA PAIX : LE TÉMOIGNAGE OUBLIÉ DU PÈRE DAVID TANKO
Par Duchess Audrey – 5 septembre 2025
L’histoire aurait pu bouleverser le monde entier pendant des mois. Mais, hélas, elle s’est vite dissipée dans le flot des actualités. Le 29 août 2019, le Révérend Père David Tanko, jeune prêtre de 42 ans du diocèse de Jalingo (Nigeria), a été sauvagement assassiné et brûlé vif sur la route de Takum, alors qu’il se rendait à une réunion pour négocier la paix entre les communautés Tiv et Jukun.
Son corps carbonisé, abandonné au bord de la route, restera comme une blessure profonde dans la mémoire de l’Église. Mais au-delà de l’horreur, il y a un message : celui d’un homme qui a offert sa vie « pour que d’autres aient la paix ».

UN TÉMOIN DE LA CHARITÉ JUSQU’AU BOUT
Le Père Tanko était décrit par son évêque, Mgr Charles Hammawa, comme « un homme bon, zélé, pacifique, travailleur et aimable ». Il ne cherchait à offenser personne. Il était un homme de prière, un artisan de paix, un pasteur fidèle qui n’a pas reculé devant les risques pour accomplir sa mission.
Sa mort fait écho à celle des saints martyrs qui, depuis les premiers siècles, ont donné leur vie pour le Christ et pour leurs frères. Comme saint Étienne lapidé, comme saint Oscar Romero abattu en pleine messe, comme les moines de Tibhirine assassinés en Algérie, le Père Tanko a versé son sang en servant l’Évangile de la paix.
LE SILENCE AUTOUR D’UN MARTYR DES TEMPS MODERNES
Dans notre société, un scandale touchant un prêtre ou une religieuse occupe longtemps les manchettes, ternissant l’image de l’Église. Mais les témoignages lumineux de saints contemporains passent trop souvent sous silence. La mort héroïque du Père Tanko ne devrait pas être un simple fait divers oublié. Elle interpelle notre conscience chrétienne : pouvons-nous laisser dans l’ombre ceux qui, comme lui, ont donné leur vie pour l’unité et la réconciliation ?
UNE VIE QUI PARLE AU MONDE
Le Père David Tanko incarne ce que le monde recherche désespérément aujourd’hui : des bâtisseurs de paix, des voix qui refusent la haine ethnique, des témoins qui croient qu’un Nigeria réconcilié est possible. Son sacrifice nous rappelle que la vraie paix a un prix. Et ce prix, il l’a payé de sa vie.
Le sang des martyrs, disait Tertullien, est semence de chrétiens. Le sang du Père Tanko devrait être semence d’unité et de paix pour son pays et pour l’Église.
NE PAS L’OUBLIER
À l’heure où l’insécurité et les violences ethniques continuent de déchirer des nations entières, il est urgent que l’Église se souvienne de ses témoins. Le Père Tanko n’était pas seulement un prêtre local : il était un frère universel, un prophète de paix. Son nom doit être inscrit dans la mémoire collective, non pour glorifier la haine qui l’a tué, mais pour célébrer l’amour qui l’habitait.
Que son témoignage ne se perde pas dans le silence. Que l’Église, Mère et Maîtresse, sache reconnaître en lui un signe de l’Esprit pour notre temps.
Le monde a besoin d’hommes comme lui. L’Église a besoin de prêtres comme lui. Le Nigeria a besoin de prophètes comme lui. Et nous avons besoin de ne pas oublier le Père David Tanko.
Duchess Audrey
